Vade Retro Satanas, Ne lisez pas ce livre, il est sulfureux !

Seeing Red par Halton Arp
(Publié par Apeiron à Montréal en 1998.)

AVERTISSEMENTS

  1. Le résumé ci dessous a été traduit à partir du texte original rédigé par Tom Van Flandern. Meta-Research, N° du 15/12/98 de "Meta Research Bulletin", Vol. 7, #4

  2. Comme toute traduction, ce texte peut comporter des erreurs d'interprétation. Il est bon, en cas de doute, de se reporter au texte anglais original. Si vous en trouvez, je serais heureux que vous nous les communiquiez, (Bernard Lempel) Nous ne manquerons pas de faire, aussi rapidement que possible, les corrections. Merci.

Résumé:

NE LISEZ PAS CE LIVRE. Mais si vous deviez décider, après avoir lu ce résumé, de négliger ce conseil, vous aurez alors besoin de vous préparer à ce que votre univers soit chamboulé. En parcourant ce petit livre génial de 306 pages, vous devriez vous forger une opinion, Et il est très possible que surgisse le doute sur ce que vous saviez des structures à grande échelle de l'univers. L'interprétation cosmologique du redshift pour les quasars et les noyaux des galaxies actives a souvent été réinterprété auparavant, mais jamais avec autant de succès. Car rares sont les suggestions sérieuses que l'interprétation donnée de la relation entre redshift et distance, en ce qui concerne les galaxies ordinaires, puisse être fausse, ainsi que vous le verrez ici. Et, comme si la révolution implicite en cosmologie n'était pas suffisante, votre perception du professionnalisme des scientifiques et du monde académique en général, et des astronomes en particulier, seront les victimes de votre lecture.

On peut lire ce livre selon des approches différentes. Par exemple, un court résumé des évidences et des implications apparaît dans les pages. 239 à 241. Si le texte vous semble parfois trop technique, même avec l'aide du glossaire étendu, on peut quand même en saisir l'essence en parcourant juste les photographies (8 pages en couleur), les chiffres, et les légendes qui apparaissent dans presque chaque page. Par exemple, il n'est pas difficile de regarder les filaments, en rayonnement X, dans l'image de Makarian 205, laquelle apparaît aussi sur la couverture du livre, et de saisir ainsi les implications profondes de cette image. Ainsi si une galaxie de Seyfert de faible redshift est physiquement connectée et en interaction avec deux quasars de hauts redshifts, l'une sur un coté et l'autre à l'opposé, alors les redshift ne peuvent être ni une distance ni un indicateur de vélocité. Et cette image, à elle seule, réfute alors le Big-bang et la plupart des principes cosmologiques dans leurs formes actuelles.

Arp connaît le ciel extragalactique peut-être mieux que tout autre astronome vivant. Il construit méthodiquement sa démonstration, contre l'interprétation standard du redshift.. Les allusions les plus anciennes aux problèmes liés au redshift sont apparus dès 1911 avec la découverte que les étoiles bleues très lumineuses, dans notre propre galaxie, la Voie Lactée, ont des redshifts systématiquement supérieurs, aux autres étoiles, d'approximativement 10 km/s. Des observations plus tardives ont montré que les étoiles de type O, dans les amas d'étoiles de notre galaxie, ont des redshifts identiques aux étoiles brillantes de type B, et encore de 10 km/s. Ce phénomène appelé "Effet K" est toujours en débat parce qu'il n'a aucune explication théorique acceptée. Cependant, des doutes au sujet de la validité des données ont été émis. Et l'effet K a alors été confirmé par des mesures plus récentes du redshifts d'étoiles super-géantes dans les deux Nuages de Magellan, galaxies compagnes de la voie lactée. Ce sont des redshifts d'approximativement 30 km/s par rapport aux autres étoiles dans ces petites galaxies. Personne ne suspecte que toutes les super-géantes brillant dans notre galaxie ou dans nos voisines immédiates fuient symétriquement au loin, par rapport à notre propre emplacement, vers les bords de la voie lactée.

Les galaxies compagnes en général paraissent avoir des redshifts qui dépassent nettement ceux de leurs galaxies mères. Toutes les onze galaxies compagnes du Groupe Local ont des redshifts conformes à celui de la galaxie centrale, la galaxie d'Andromède. De même, toutes les onze galaxies voisines de M81, dans ce groupe, ont des redshifts relatifs à M81. Aussi, si ces galaxies compagnes gravitaient autour de leur galaxie centrale, à coup sur, 50% d'entre elles auraient dû être blueshiftées. Bien que l'évidence des redshifts des galaxies compagnes ne soit pas définitive pour les groupes de galaxie plus distants, c'est encore statistiquement considérable. Les redshifts en excès sur les blueshifts pour les galaxies compagnes par rapport à leur galaxie centrale est une propriété apparemment vérifiable de l'univers local. Et cela veut dire que les redshifts doivent avoir une cause différente de celle due à la vélocité.

Nous commençons à obtenir des indices au sujet de ce qui peut se passer quand Arp nous rappelle des faits de base au sujet des radio-galaxies. On a découvert, il y a déjà longtemps, qu'il y a généralement de chaque coté des lobes radio doubles, vraisemblablement le résultat d'explosions et d'éjections de matière depuis la galaxie d'origine. Des télescopes radio à haute résolution ont détecté des filaments qui raccordent ces lobes à la galaxie centrale. Et l'on sait aujourd'hui que les lobes radio projetés correspondent rigoureusement avec les lobes en rayonnement X issus la même galaxie.

Cela nous donne les clefs permettant de résoudre entièrement le puzzle des quasars. Parce que souvent les quasars coïncident aussi avec ces sources de rayonnement X. Les quasars à redshifts élevés ou faibles y sont associés beaucoup plus souvent qu'une chance raisonnable ne le permet. Ces interactions et ces connexions qui apparaissent parfois forment souvent des couples pour des objets de bas redshift avec des objets sans rapport apparent.

En travaillant entièrement à partir des données d'observation, Arp nous montre que les éjections issues des noyaux galactique actifs s'échappent à des vitesses jusqu'à 10% de la vitesse de la lumière. Mais les éjections à vitesses plus lentes sont impossibles, Ensuite apparemment, toutes les éjections décélèrent en sortant. Les objets plus lents sont finalement capturés à approximativement 400 kpc de leur galaxie mère. Mais, aussi bien les quasars qui se sont échappés, que ceux qui ont été capturés, finissent tous avec des vélocités particulièrement faibles.  De plus, les plus proches et par conséquent la plupart des éjections récentes, ont le redshifts relatif le plus élevé, et les plus basses luminosités intrinsèques. Cela permet à Arp de suggérer que le redshift de la matière est une fonction inverse de l'âge de cette matière. Bien sur, comme on aimerait résister à cette conclusion, Arp montre, cas par cas, les faits qui sont conformes, beaucoup ont été trouvés après que cette hypothèse ait été publiée, chacun avec des chances de mille contre une. De plus, ces quasars, apparemment projetés avec des redshifts, fonctions inverses de leur distance à leur source, ont tendance à s'aligner le long de l'axe secondaire de la galaxie mère.

La généralité de ces conclusions surprenantes est démontrée par de nombreux exemples, telle que la paire semblable des triples quasars Arp/Hazard, qui ont des redshifts discordants et une galaxie de Seyfert entre eux. Beaucoup d'autres bons exemples ont été découverts par des astronomes chevronnés. Cependant, même avec des cas isolés, en les examinant en profondeur, Arp montre qu'il ne s'agit pas de coïncidences. Une étude des quasars lumineux a montré que ceux-ci sont regroupés autour de l'amas de la Vierge au centre du Superamas Local, malgré leurs redshifts qui devrait les situer hors du superamas, loin dans l'univers, loin de cette direction et ne leur accorder aucun lien de l'un à l'autre. Le quasar le plus visible du ciel est 3C273, un membre d'une paire de quasars presque alignés au travers de la galaxie la plus lumineuse au centre de l'amas de la Vierge. Un nuage d'hydrogène particulier connu pour être dans l'amas de la Vierge près des coordonnées de 3C273 a une forme longue et étroite qui pointe vers le quasar; lequel a lui aussi un jet orienté vers l'arrière du nuage d'hydrogène. Une carte du rayonnement X (Fig. 5-16) montre aussi des relations entre l'amas et le quasar. Actuellement, d'après son redshift, le quasar est supposé être 54 fois plus loin que l'amas. Comme Arp le dit, depuis plus de 30 ans, les lois de l'astronomie n'accordent qu'une chances sur un million pour que cette situation soit accidentelle. Les plus récentes évidences apportées par le rayonnement X du nuage d'hydrogène ont confirmé qu'en fait il n'y a aucune chance; Malgré tout la communauté n'est pas prête à admettre son embarras et à changer d'attitude.

Comme le redshift n'est pas un bon indicateur de distance, Arp Affirme que la luminosité des quasars n'est qu'apparente. Les quasars proches de M49 semblent être relativement distribué de manière aléatoire sur une carte du ciel jusqu'à ce que l'on ait relevé seulement les plus lumineux dans une gamme d'une demie magnitude. Alors magiquement, il apparaît une ligne de quasars qui émergent de M49 avec des redshifts qui diminuent en fonction de la distance, comme le modèle observationnel le prédit.

A chaque fois que des indicateurs secondaires de distance sont disponibles, ils supportent cette image. Dans certains cas, la rotation de Faraday occasionnée par la traversée d'un plasma aimanté peut être mesurée pour les quasars. Aussi l'amplitude de cette rotation devrait être un indicateur de la distance. Mais il a été découvert depuis que les quasars avec des redshifts d'approximativement 2 avaient seulement 1/3 d'amplitude de rotation de Faraday par rapport aux quasars avec des redshifts d'approximativement 1, alors qu'ils auraient dû en avoir deux fois plus. Par contraste, c'est en accord avec le modèle de Arp parce que les redshifts, des quasars de z = 2 , sont intrinsèquement moins lumineux, et par conséquent généralement vus à des distances tout simplement plus proches, que ceux avec z = 1.

Arp conclut que les quasars sont initialement peu lumineux, mais qu'ils sont perçus comme des objets, en apparence, de redshifts élevés, par transpositions du faible redshift, d'objets compacts entourés d'un nuage flou dans lequel ils évoluent. Ils se développent en petites galaxies, de hautes luminosité de surface, à partir des matériaux disponibles autour d'eux. Et finalement ils évoluent en galaxies inactives normales.

Dans cette nouvelle approche des rapports entre les objets astrophysiques, les galaxies de Seyfert et leurs leurs proches cousins, les objets de type BL Lac1 sont des étapes évolutionnaires éphémères associées aux éjections de quasars depuis les noyaux des galaxies actives. En fait, les galaxies de Seyfert sont des usines à quasars. Les décomptes du nombre de quasars sont fortement corrélés avec un échantillon presque complet de galaxies de Seyferts lumineuses, comparativement avec les échantillons de contrôle de galaxies non actives.
Quelques-unes de ces associations ont des explications ridicules dans les articles des revues scientifiques principales. Le quasar GC0248+430 est ainsi décrit comme "pouvant être un effet de micro-lentille gravitationnelle sur le quasar situé derrière le bras déformé d'une galaxie en interaction". Or il s'avère que justement c'est une galaxie de Seyfert.

En effet, les quasars se révèlent aux astronomes comme de petites portions de noyaux de galaxies actives. (En quelque sorte des sosies de galaxies de Seyfert). Leur répartition en deux parties égales par rapport au noyau, leur alignement avec les lobes des émissions radio, les correspondances avec les carte d'émission en rayons X, et les données en rayonnement optique confirment fortement l'interprétation de l'éjection. Comme si la nature n'a pas déjà assez fourni d'indications, un diagramme des magnitudes apparentes par rapport au redshift (Hubble) montre que les galaxies de Seyfert ont trop de redshift aux magnitudes les plus faibles et ne suivent pas le même rapport que les galaxies normales. En effet, comme pour les galaxies de Seyfert, le diagramme de Hubble pour les Quasars ne montre pas davantage de relations de Hubble normales entre luminosité et redshift. On se demande de combien de manières différentes on devra répéter ce message, au sujet des redshifts qui ne correspond pas aux distances, avant qu'il n'imprègne les astronomes.

D'autres objets astrophysiques sont en accord avec ce message. Des émissions maser associées à la présence d'eau sont aussi détectées dans des paires nettement alignées avec des quasars. Les filaments en rayonnement X, ou jets, émergent des galaxies de Seyfert et finissent sous forme de quasars, souvent sous forme de paires, ayant des redshift semblables, sur les côtés opposés de l'axe secondaire de la galaxie. De plus, les galaxies spirales de haute luminosité ont un redshifts excessif comparé aux galaxies spirales normales, comme le montre la méthode de mesure des distances de Tully-Fisher par le taux de rotation (lequel est indépendant des redshifts).

On peut évidemment se demander ce que les amas de galaxie ont à nous dire à ce sujet, car celles-ci sont clairement et physiquement associées en amas. La deuxième preuve qu'ils fournissent est vraiment considérable. Classiquement, les amas de galaxie, en totalité, obéissent à la relation, du diagramme de Hubble, entre redshift et luminosité, avec une dispersion de seulement quelques dixièmes de magnitude. Mais 14 amas, au nord de Cen A, ont une dispersion bien plus grande avec une gamme maximale de 4 magnitudes. Ces groupes n'ont aucun lien de parenté avec le type revendiqué pour les galaxies ordinaires, et remettent en question que la relation de Hubble classique puisse avoir pour eux la signification habituellement attribuée, à savoir que le redshift indique toujours la distance pour n'importe quoi. Nous pourrions tout simplement avoir été bernés parce que luminosités et redshifts sont fonctions de la masse, ce qui amènerait à une relation de Hubble apparente sans aucune véritable dépendance à la distance.

Certains exemples d'amas sont de véritables casse-têtes. L'amas Abell dont les galaxies de forts redshifts sont distribuées exactement en bas aussi bien de l'axe de l'amas de la Vierge que de son jumeau, au sud, le groupe Fornax. Un échantillon complet sur une grande région du ciel de l'hémisphère sud a montré que la concentration en rayonnements X les plus intenses avait les deux galaxies les plus lumineuses, M83 et Cen A, en son centre, en dépit du plus grand redshift en rayonnement X des amas. En général, les amas, en rayonnement X, apparaissent avec des redshifts d'approximativement 0.06, plus fréquemment que la chance ne le permet, ce qui dans l'interprétation de Arp les caractérise comme jeunes et intrinsèquement à forts redshifts.

Les données secondaire incluant la mesure de la vitesse de refroidissement indiquent qu'au moins 100 masses solaires par an sont perdues par ces amas. Cela implique 100 milliards de masses solaires en un milliard d'années. Ou va cette masse ? Les possibilités évidentes peuvent toutes être rejetées. Les galaxies actives (BL Lac), ayant des redshifts intermédiaires entre quasars et amas de galaxies, sont apparemment les géniteurs des groupes de galaxies. Les galaxies normales dans certaines gammes de redshift ont tendance à s'aligner dans l'espace en chapelets, avec la galaxie de plus faible redshift près le centre. Par exemple, 13 des 14 galaxies spirales les plus lumineuses de l'hémisphère nord, se situent parfaitement, dans des champs peu encombré, sur des chapelets bien marquées de galaxies lesquelles ont des concentrations plus faibles de galaxies à grands redshifts. Et il y a un évanouissement anormal, dans le bleu, souvent de galaxies actives qui remplissent des amas avec des redshifts s'étageant entre 0,2 et 0,4. Celles-ci évoluent apparemment dans la gamme de luminosité supérieure, les objets de redshifts inférieurs sont vus à 0.02. Donc les objets, apparemment les plus jeunes, avec les plus grands redshifts, sont alignés de chaque côté de sources éruptives ce qui implique l'éjection de protogalaxies et l'association de ces redshifts avec la jeunesse de ces objets. L'accroissement de la distance par rapport à la source, est corrélée avec la diminution du redshift. Ceci indique donc qu'il s'agit du sens évolutif associé avec l'âge. A des redshifts d'approximativement 0.3 et à des distances d'environ 400 kpc de la source, les quasars deviennent très lumineux aux longueurs d'onde optiques et en rayonnements X, et ils évoluent en objets de type BL Lac (c'est une étape éphémère parce qu'ils sont rares). Finalement, ceux-ci évoluent en amas de galaxies qui apparaissent à des distances comparables à l'objet BL Lac, ce qui implique que les amas peuvent résulter de la dissolution de ces objets de type BL Lac.

Il y a plus. Les multiples images de regroupements de quasars ont été rejetées comme erreurs d'observation jusqu'à ce que la théorie des lentilles gravitationnelles ait été invoquée. Alors beaucoup plus d'exemples ont été rapidement trouvés. G2237+0305 était essentiellement un quasar de haut redshift dans le noyau d'une galaxie de bas redshift. L'effet de lentille fut la seule porte de sortie pour les cosmologistes. Les quatre images du quasar étaient toutes à une distance inférieure à une seconde d'arc du noyau de la galaxie. Mais Hoyle calcula la probabilité d'un tel phénomène de lentille comme étant de deux pour un million. De plus, les images du quasar s'étalent radialement vers la galaxie centrale au lieu de se présenter comme des arcs comme la théorie des lentilles le prédit. Les images réelles des arcs ne ressemblent pas tellement non plus aux arcs prédits, mais plutôt à des morceaux de coquilles allongées. Cette alternative est en meilleur accord avec l'existence d'arcs radiaux, de jets en forme d'arcs, et de jets qui finissent en arcs transversaux.

Les dernières données observationnelles globales démontrent la quantification des redshifts. Fondamentalement, les redshifts ne prennent pas toutes les valeurs avec une égale facilité, comme ils le devraient s'ils étaient causés seulement par les vélocités des objets observés. Par exemple, les redshifts proches de 0.061, 0.3, 0.6, 0.91, 1.41, 1.96, apparaissent plus fréquemment que ne le permet la statistique. Les plus petits redshifts se produisent aussi à intervalles périodiques préférentiels, comme Tifft l'a montré dans une étude, laquelle a été confirmée dans un échantillon indépendant par Guthrie et Napier. L'existence de valeurs privilégiées pour les redshifts montre, qu'ou bien nous sommes au centre d'une série de coquilles en expansions, ou bien le redshift n'indique pas la vélocité. Arp avertit que les quasars faibles, ayant de grands redshifts, ne continuent pas à montrer cet effet, peut-être parce que la forme du rapport change aux grandes distances par rapport à nous (ainsi que le suggère la faible luminosité). Aussi, l'étalement qui existe autour de ces valeurs de redshifts préférés est apparemment dû à la vitesse d'éjection qui peut aller jusqu'à 0.1 c. Le redshift moyen d'une paire du quasar tombe généralement plus près d'un redshift préférentiel que ne le ferait l'un et l'autre redshift individuellement. Les objets de type BL Lac présentent la même quantification, mais à un degré moins prononcé, comme il convient à leurs liens avec les quasars. La Figure 8-16 montre un ensemble saisissant de bandes et d'intervalles pour les redshifts des galaxies, en rayonnement X, dans l'amas Abell 85, illustrant ainsi l'effet de la quantification des redshift d'un coup d'œil.

La force de Arp est l'observation en astronomie extragalactique. Avec la théorie il est moins compétent, mais il s'aide des idées de Narlikar, de Hoyle et des autres. Le concept de masse qui augmente avec âge n'a pas de paramètres ajustables (les caractéristique de l'age sont données par l'âge mesuré de notre propre galaxie), ce qui permet des prédictions de redshifts intrinsèques depuis les étoiles à effet K jusqu'aux quasars, avec des résultats tels que les erreurs sont inférieures à un ordre de grandeur. Le Big-bang avec tous ses paramètres ajustables ne peut pas faire aussi bien. Ainsi, le redshift, indique la jeunesse. Et la pente du diagramme de Hubble provient directement de l'âge de notre propre galaxie. Puisque la luminosité évolue en fonction de la masse, le rapport apparent luminosité / redshift est une pure coïncidence, et nullement un indicateur de distance. Je ne peux avoir de parti pris contre des explications théoriques plus simples pour les contraintes d'observation qu'indubitablement la théorie de Arp des variation de masse peut fournir. Mais Arp admet volontiers que les théories ont besoin d'évoluer avec les découvertes, c'est une chose que le Big-bang a cessé de faire à un niveau fondamental il y a une génération.

Quelques-uns des aspects les plus divertissants de ce livre sont apportés par les démêlées de Arp avec ses collègues, les "Referees" et avec les éditeurs de revues. Arp traite ces échanges, avec des pointes d'humour issus de sa philosophie. En dépit de son pessimisme, je me demande comme chacun de nous aurais pu élaborer une philosophie beaucoup plus optimiste si nous avions été dans les souliers de Arp. Les "referees" anonymes utilisent fréquemment un langage abusif tel que " généralisations ridicules ", ou "injustifiées" ou encore "conclusions bizarres basées sur un parti pris extrême des auteurs qui souhaitent trouver le redshifts non - cosmologique". Il n'était pas rare de trouver des "Referees" suggérant que les implications auraient dû être utilisées pour prouver les erreurs des observations ! Ce professeur, prix Nobel, est cité pour avoir dit "Arp n'a rien apporté de correct dans mon cours. J'aurais pu le recaler, mais je ne pouvais pas supporter de le voir suivre à nouveau le cours avec moi".

Nous voyons dans les anecdotes de fréquentes affirmations, non démontrées, que telle chose est vraie ou fausse pour des raison qui ne sont pas présentées à l'auteur pour que ce dernier puisse les réfuter. Un exemple: "Oh combien de ces affirmations ont été complètement réfutées". Arp introduit quelques noms pour certaines de ces batailles tactique personnelles. La "Manœuvre des Pléiades" est l'une d'elles: Les mesures, concernant le "fond cosmologique", et la signification statistique du "premier plan" (tel que l'amas de la Pléiades) est réduite à l'insignifiance. La réaction à la présentation de la carte en rayonnement X montrant la connexion de l'amas de la Vierge et du quasar 3C273 a suscité cinq refus de publication, dans deux revues, de "referees" arrogants et condescendants, et n'a seulement été envisagé, par quelques collègues, qu'à la manière d'un "accident automobile horrible le long de l'autoroute ".

Malheureusement, le courant dominant est bien adapté pour assurer sa survie. Aussi quand Arp réussit à traverser le champ de mines et à obtenir que ses résultats soient publiés en dépit des "referees", une connivence tacite et non écrite est qu'aucune discussion ni citations ne soient faites, et qu'ainsi le résultat gênant sera vite oublié. Arp suggère qu'un échantillonnage de rapports de "referees" montrant les manipulations, ruses, insultes, l'arrogance, et en plus les colères de ces "referees", devrait être publié pour permettre à tous d'évaluer l'objectivité des informations qu'il leur est permis de lire.

Voici quelques brèves citations sur ce que Arp a appris de ces échanges :

  • "Quand se présentent deux possibilités, les scientifiques ont tendance à choisir la mauvaise".

  • "Plus fortes sont les évidences, plus les attitudes se durcissent".

  •  Le jeu ici est de faire un amalgame de toutes les observations antérieures sous forme d'hypothèse et alors de déclarer qu'il n'y en a pas d'autre confirmant l'observation".

  • "Peu importe combien de fois quelque chose a été observé, cela ne peut être cru tant que cela n'ait encore été observé".

  • "Si vous prenez une personne très intelligente et lui donnez le mieux de ce qui est possible, l'éducation de l'élite, alors vous créerez très probablement et avant tout un académicien complètement imperméable à la réalité".

  • "Quand on regarde cette image aucun niveau d'éducation universitaire avancé ne peut remplacer un bon jugement; en fait ce serait même indubitablement un obstacle".

  • "Les comités d'organisation locaux cèdent à des pressions impérialistes tendant à éviter des programmes recherches rivaux".

  • "C'est la responsabilité fondamentale d'un scientifique de faire face, et de résoudre les observations contradictoires".

  • "La science échoue à s'auto corriger. Nous devons comprendre pourquoi, et changer cela".

Le livre en contient bien d'autres.

Comme tout travail d'une telle ampleur, quelques erreurs sont apparues sur quelques points qui paraissent douteux. Aucun de nous ne peux être expert en tout, et nous repoussons toujours les limites de nos connaissances.

 Voici quelques commentaires sur ces points:

  • Arp, dans ses arguments contre les modèles de la "lumière fatiguée" (p. 97), fait une supposition courante, mais invalide, que les particules quantiques doivent être responsables de la perte d'énergie. Car il y a de bonnes raisons de suspecter que les particules quantiques n'en sont, pour aucune raison fondamentale, responsables.

  • La proposition d'Arp (p. 219) que si les masses des planètes et celles des satellites peuvent être quantifiées, utilise des arguments statistiques invalides quand il fait le lien avec de grandes gammes de masse. Mais il peut avoir parfaitement raison pour de petites différences de masses. D'une manière générale, la fission de paires de particules crée de la masse dans la proportion approximative de 5/4 ce qui peut expliquer en partie les statistiques planétaires de Arp. Cela peut aussi expliquer son rapport de quantification magique du redshift de 1.23 si un tel processus de fission est responsable des doubles éjections dans les galaxies.

  • Dans la page 234, Arp cite le test de la luminosité de surface qui doit varier comme (1+z)4 dans le Big-bang. Il applique cela à son propre modèle en supposant que les observations y sont conformes. Cependant, la dépendance observée est en (1+z)2. L'évolution des galaxies est considérée comme responsable de la différence dans le big-bang, mais cela ne peut évidemment pas s'appliquer au modèle de Arp.

  • Page. 237, Arp fait incorrectement état que le fond cosmologique doit venir d'une mince coquille, en disant que cela n'a pas été expliqué. Mais cette radiation est supposée avoir inondé l'univers peu après le big-bang, et qu'elle s'est refroidi depuis. Donc chaque point dans l'univers reçoit aujourd'hui un rayonnement froid, et il n'y a aucune coquille nulle part. Toutefois Arp fournit des explications plus vraisemblables et plus correctes pour le rayonnement fossile qu'un résidu de big-bang originel.

  • L'utilisation de Arp des pics de statistiques, venant de lui, pour expliquer la différence entre un a priori et un à posteriori de probabilité, n'est là que pour nous assurer qu'il en comprend la différence et l'importance.

  • Il est décevant qu'il ne fasse aucune mention du rôle des galaxies elliptiques géantes dans le schéma évolutif de ces objets.

Dans ce débat, Arp, très justement, montre que par certains cotés, la signification du redshift doit être, d'une façon catastrophique, complètement fausse. Cela l'amène à se demander combien d'autres hypothèses incertaines peuvent exister dans d'autres domaines affectant nos vies quotidiennes, et au sujet desquelles nous faisons innocemment trop confiance. Ce qui est peut-être la pensée la plus sensée de toutes.

Traduction: Bernard Lempel. (Avec l'aimable autorisation de Monsieur Tom Van Flandern)

Notes du traducteur:

  1. BL Lac, (Blazar Lacertae), Type de galaxie géante active, ayant un noyau compact, optiquement très lumineux et très variable sur des échelles de temps courtes (du jour au mois). Ce sont aussi très souvent des sources intenses en ondes radio. Leur spectre est généralement dépourvu de raies d'émission. Celles qui ont quelques raies sont appelées Blazars.

 

 Dernière mise à jour: 06/01/14 

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